Europe Cross-Country Challenge

  • L'itinéraire du pilote (Rémy) : Paris → Vienne → Slovaquie → Strasbourg → Haguenau → Moulins → Rennes
  • Mon itinéraire (Noëlia) : Rennes → Strasbourg → Haguenau → Moulins → Rennes

Europe Cross-Country Challenge

Dimanche 27 octobre 2024 sur WhatsApp

Noëlia : mon tube préféré en ce moment : Switchfoot – Meant to Live

Rémy : - Pourquoi faut-il toujours que les grandes aventures commencent avec l'appréhension et une boule au ventre ? - Je suis en route pour la Slovaquie et demain si tout se passe bien je rentre avec le WT9 (qu'on avait pris pour aller à Belle-île) jusqu'en France. - Europe cross-country challenge

Noëlia : Trop bien !! Bon vol et bonne route !

Rémy : Tu travailles demain ?

Noëlia : Non, j'entame ma dernière semaine de vacances

Rémy : Si tu en a envies de faire Strasbourg-Rennes en avion avec moi tu peux me rejoindre à Strasbourg lundi soir

Noëlia : Ça serait super !

Rémy : Demain je fais Slovaquie-Strasbourg seul et ensuite on fait Strasbourg-Rennes ensemble. Tu paies le train, je paie le vol

Noëlia : Super deal !

Le mythe du moment opportun

Il y a quelques années, je croyais encore à l'idée du « moment opportun », ce mythe du moment parfait qui permettrait d'accomplir quelque chose d'important. Or, le problème avec l'idée du « moment opportun » était qu'il fallait l'attendre, mais il n'y avait pas de limitation dans la durée d'attente. Ainsi, en absence de sa manifestation, nulle action ne pouvait être accomplie… Attendre de cette manière-là devenait une illusion… En réalité, il n'existe pas de « moment opportun »

L'année dernière en octobre, je suis tombée sur des paroles d'une chanson qui a fait écho à ce que je ressentais au plus profond de moi-même pendant longtemps mais que je n'arrivais pas à nommer.

Meant to Live de Switchfoot m'a parlé

« We were meant to live for so much more, have we lost ourselves? »

Nous sommes faits pour vivre bien plus que cela, nous sommes nous égarés ?

Tout d'un coup, tout s'est éclaircit dans mon esprit. Mais qu'est-ce que j'attends ?

Soudainement, une force libératrice jaillit en moi, ce qui m'a mené à m'interroger sur mon mode de vie actuel.

Hormis mon boulot, ma vie personnelle, sociable, familiale, la routine de tous les jours et mon petit monde propre à moi, il n'y a-t-il pas autre chose de plus ? Plus grand, plus fort, qui mériterais une attention particulière ? Il n'y a-t-il pas autre chose au-delà du train de vie ordinaire ? Ou bien, l'extraordinaire qui semble rarement là, n'a-t-il pas lui aussi, sombré dans l'ordinaire ? Sommes-nous devenus incapables de le reconnaitre, cet extraordinaire qui n'est rien que la vie ?

Une proposition qu'il ne fallait pas laisser passer.

Ce tube-là, je l'ai partagé à Rémy sur WhatsApp. Et quelques minutes plus tard, j'ai été surprise de recevoir une invitation pour voyager en avion !

Alors que j'entamais mes derniers jours de vacances de la Toussaint avant la reprise, j'ai eu l'honneur d'être invitée par Rémy pour le raccompagner de Strasbourg à Rennes en avion suite au grand voyage qu'il a effectué depuis la Slovaquie, pour récupérer son WT9 à l'usine d'Aerospool à Prievidza.

Prievidza, Dynamic birthplace

Le F-GOOS dans le soleil couchant

Le lendemain, un lundi, je devais voyager en train pour aller à Strasbourg. Or, c'était un dimanche et je n'avais pas encore acheté de billet de train, je n'étais pas très en forme et c'était un peu juste niveau timing, je n'allais quand même pas passer à travers de cette immense opportunité. J'ai donc vite fait d'abandonner l'illusoire « moment opportun » car c'était ici et maintenant, que j'allais prendre l'avion !

Visite de Strasbourg

C'était ma première fois à Strasbourg. Dans la journée, on a flâné dans les rues de Strasbourg à pied.

J'ai été agréablement surprise par cette ville charmante. D'un côté, Strasbourg se préparait pour Noël, il y avait déjà des décorations et des lumières dans les rues, et de l'autre, l'Ill qui cheminait entre les petites maisons alsaciennes donnait à la ville une lenteur sereine.

La rivière Ill serpendant entre les maisons alsaciennes

Au bord du quai Saint-Thomas

Nous avons pu visiter la belle cathédrale de Strasbourg ainsi que le quartier protestant de la ville.

Images de la cathédrale de Strasbourg

Puis, nous avons quitté Strasbourg pour nous rendre à Haguenau, à 35 kms de route. Juste qu'ici, nous ne savions pas encore si le départ en avion serait possible, tout dépendait de la météo.

Voyager en avion c'est aussi d'accepter l'imprévisible et savoir adapter son itinéraire en fonction de la température, de la visibilité et de la nébulosité.

En attendant le feu vert, nous avons déjeuné dans le restaurant italien qui se trouvait à proximité de l'aérodrome - Il Giardino d'Italia à 19 Rue Saint-Exupéry, 67500 Haguenau.

J'ai commandé des lasagnes, c'était très bon !

Lasagnes de Il Giardino d'Italia à Haguenau

Départ de Haguenau

Après un délicieux repas, l'heure du verdict a sonné.

Alors que nous devions repartir à Rennes dans l'après-midi, le temps n'était pas suffisament bon pour voler.

C'était gris et nuageux et ça n'allait pas s'améliorer avant la tombée de la nuit, nous avons donc pris Goose (surnom du WT9, qui signifie ‘l'oie' en anglais), sans savoir où nous allions nous poser !

Je n'avais qu'une seule hâte – m'envoler, donc je ne me suis pas posée de questions. Avant de partir, j'ai acheté une casquette trop stylée (type Top Gun) avec un logo d'avion de chasse américain dans la boutique de l'aérodrome.

Une casquette trop stylée (type Top Gun) avec un logo d'avion de chasse américain

Après avoir bien effectué les contrôles d'avant-décollage de l'avion (visite pré-vol), l'avion était prêt ! Vers 14h30 en début d'après-midi, nous avons décollé depuis l'aérodrome de Haguenau pour aller – suspense – je n'ai pas su tout de suite.

En réalité, la destination ne faisait pas partie de mes préoccupations, j'avais juste envie de reprendre le WT9 et me laisser transporter en hauteur, sillonnant les nuages qui couvraient le paysage. Lorsque j'avais les pieds à terre, je ne voyais rien là-haut, mais les ailes de Goose ont rapidement brisées ce voile entre terre et ciel pour s'élever vers de nouveaux sommets. J'ai retrouvé le temps ensoleillé là-haut, le ciel d'un beau bleu et le soleil devant. Mes lunettes de soleil fantaisie ne suffisaient pas à me protéger contre le rayonnement solaire intense, mais heureusement, je portais aussi une casquette.

Au dessus de la grisaille vue du sol, il faisait beau et le ciel était bleu

C’était très agréable de voyager dans cet avion léger et dynamique, avec un toit panoramique, au contact du ciel.

Tenir le manche

J’ai eu aussi l’occasion d’utiliser le manche pour tenir la trajectoire pendant une dizaine de minutes. Il suffit de repérer un point de repère de loin et de maintenir la ligne vers la direction choisie. Le manche est sensible au moindre mouvement, l’avion est porté par la gauche ou la droite rien qu’avec une simple manipulation. Ce n’est pas un manche simulateur comme dans un jeux vidéo ou en apprentissage, mais réellement un manche d’avion ! Lorsque je tenais ce manche à plusieurs mètres d’altitude, j’ai à la fois éprouvé la sensation que la vie ne tenait qu’à un fil mais aussi qu’elle était belle.

Il fait toujours beau, au dessus des nuages

Au bout d’une heure et demie, #Pilote Rémy (surnom de Rémy) a trouvé la destination idéale pour l’atterrissage.

Déroutement à Moulins-Montbeugny pour voir des amis

Ce lieu se trouve à l’aérodrome de Moulins-Montbeugny, situé à Toulon-sur-Allier. À la descente, il y avait à nouveau de la grisaille, c’était véritablement un temps d’Halloween. Le voyage en avion s’était arrêté momentanément ici à Moulins, en attendant que les nuages se dégagent et en espérant que le temps se montrerait propice pour rentrer à Rennes le lendemain.

Tour de Moulins-Montbeugny

Cette escale à Moulins n'était pas un pur hasard car, Rémy a eu le plaisir de retrouver Franck, un de ses instructeurs d’avion.

Son amie, Frédérique, également instructrice à l'aéroclub, nous a gentillement accueillie chez elle. Nous avons tous passés un très bon moment de rencontres et de partages entre aventuriers aviateurs.

Francky et Rémy heureux de se retrouver devant F-GOOS

Dans la soirée, avant de quitter l’aérodrome, il y avait un magnifique couché de soleil.

Couché de soleil sur l'aérodrome de Moulins-Montbeugny

Brouillard et longue attente

Le lendemain matin, après le petit déjeuner, nous sommes repartis à l’aérodrome mais le temps était loin d’être parfait pour reprendre l’avion – le brouillard avait envahi tout l’aérodrome et la visibilité était fantomatique.

Brouillard sur l'aérodrome de Moulins-Montbeugny

Dans la journée, en attendant que le brouillard disparaisse, nous nous sommes mis au travail dans la salle de réunion de l’aéroclub.

Rémy en a profité pour sa réunion de travail en visio et moi, j’ai corrigé des copies.

Le midi, Franck nous a offert le repas. Nous avons eu un bon petit gueuleton à la campagnarde sur place avec du pain, saucisson, camembert, accompagné de quelques canettes de Schweppes.

Après le repas, j’étais prête à repartir et j'aurais bien voulu reprendre l’avion tout de suite mais il a fallu attendre encore 2 heures de plus avant de pouvoir décoller.

Je n’étais pas d’humeur avec le mauvais temps qu’il faisait, l’attente, l’imprévisibilité et la fatigue, au point d’avoir presque abandonné mon enthousiasme initial.

Dans l'après-midi, le brouillard finit par se lever

Alors que je pensais qu’on n’allait jamais pouvoir décoller, le moment est venu de remonter à bord.

À bord, dans les airs, j’ai retrouvé ma consolation – le ciel bleu sur les nuages, c’était tellement revigorant que ça m’a redonné de la force et de la paix intérieure.

Mer de nuage de Moulins à Tours

Voler demande beaucoup d’énergie mais en revanche, le regard tourné vers la beauté extérieure de l’espace et la nature est tout aussi revigorant, et seule l’unique expérience aérienne peut offrir cela.

Mer de nuage de Moulins à Tours

Après environ 2 heures de vol de Moulins vers Rennes, c’était bientôt le moment d’atterrissage. À vrai dire, je n’avais pas envie que ce voyage prenne fin parce que c’était tellement agréable de prendre l’avion…

Arrivée à Rennes

Descente vers Rennes

On a commencé par s’avancer vers un nuage, puis, la vue s’est dégagée et on a retrouvé les terrains avant de procéder vers l’atterrissage sur la piste de l’aérodrome de Rennes.

Descente vers Rennes

Nous voilà arrivé à Rennes depuis Strasbourg !

En tout cela ne fait que 4h de vol pour la traversée Est-Ouest.

Congrats #PiloteRémy!

Je tiens à féliciter Rémy pour son pilotage professionnel et surtout, pour le trajet encore plus lointain qu’il a pu effectuer depuis la Slovaquie jusqu’à Rennes. Je lui suis reconnaissante de m’avoir invitée à faire partie de son équipage du Europe Cross-Country Challenge.

Rémy et Noëlia — Octobre 2024 — Europe Cross Country Challenge

#PiloteRémy #Goose #ProudTeamMember #Flying #Friendship #EuropeCrossCountryChallenge #Dynamic #WT9